Élection présidentielle 2020 au Burkina Faso : Les candidats et la promotion du « consommer local »

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Élection présidentielle 2020 au Burkina Faso : Les candidats et la promotion du « consommer local »

La campagne pour l’élection présidentielle au Burkina Faso bat son plein. Depuis le 31 octobre dernier, les  13 candidats en lice pour le poste de président du Faso sont face aux électeurs pour les convaincre sur leurs projets de société 2020-2025 et gagner ou regagner leur confiance. Mais quel intérêt les différents candidats accordent-ils à la promotion du « consommer local » relatif à l’agroalimentaire ? Afrikawassa a feuilleté pour vous les projets de société des différents candidats et vous donne une idée des engagements des uns et des autres en matière de transformation agroalimentaire locale et de promotion du « consommer local ».

Source : Autre presse |  Photographe : DR |                       13 candidats sont en lice pour le fauteuil présidentiel à l’élection de 2020 au Burkina Faso

Dans son projet de société Rock Marc Christian Kaboré, candidat du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) annonce le programme : « Une région, une usine de transformation agroalimentaire ». Il s’engage aussi à promouvoir les petites et moyennes unités de transformation. « La valorisation des produits forestiers non ligneux d’exportation de grande valeur comme le karité (…) » constitue un des moyens par lesquels Rock Marc Christian Kaboré entend améliorer les capacités d’adaptation des populations aux effets du changement climatique dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture.

La question de l’agroalimentaire local est traitée par Zéphirin Diabré  de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) quand il aborde le domaine de l’entrepreneuriat dans son programme de société. Il s’engage à : « Mettre en place dans chaque région, un dispositif d’incubation d’entreprises féminines pour accompagner l’émergence d’entreprises féminines dans les productions agro-sylvo-pastorales et la transformation agroalimentaire ». Le candidat de l’UPC compte changer durablement la situation précaire de l’agriculture à travers « une révolution agricole » qui vise à satisfaire les besoins alimentaires des ménages en céréales et à fournir la matière première nécessaire pour alimenter l’industrie agroalimentaire dans la perspective de la révolution industrielle. Il souligne dans son projet de société : « Nous voulons créer une nouvelle race d’opérateurs économiques qui pourront participer plus activement à l’industrialisation et à la valorisation des produits locaux ». Il ressort dans son programme que les politiques publiques seront revues pour entre autres prendre en compte  la promotion de PME/PMI de transformation des produits locaux.

Au sujet de la transformation des produits locaux, Eddie Komboibo du Congrès Pour la Démocratie et le Progrès (CDP) abordant la question de la relance économique estime  que « l’agriculture et l’élevage devront produire suffisamment pour approvisionner l’industrie de transformation des produits locaux ». Partant de cette considération, il indique : « dans chaque région du Burkina Faso et sur la base des potentialités agro-sylvo-pastorales et fauniques réelles, seront créées des unités industrielles de transformation ». Une fois au pouvoir, une des actions à mener par Eddie Komboibo en matière de gestion des ressources naturelles et de l’environnement se trouve être : « L’accroissement de la production et la transformation des produits forestiers non ligneux à forte potentialité de création d’emplois ». Dans ses projections en matière de tourisme, Eddie Komboibo  affirme clairement au niveau de l’axe : soutien au développement des infrastructures d’hébergements, de transport et de restauration : « Un accent sera mis sur la valorisation des mets burkinabè ».

En parcourant le projet de société de Kadré Désiré Ouédraogo candidat du parti Agir Ensemble qui a dégagé 100 Priorités nationales, on note que le point 63 est consacré à la « transformation des produits locaux et commerce extérieur ». La Promotion de « la transformation des matières premières locales en produits dérivés à valeur ajoutée pour la consommation locale » constitue un des moteurs de développement pour Kadré Désiré Ouédraogo. Au titre du secteur privé et création de richesses, celui qu’on appelle affectueusement KDO évoque « l’appui à la transformation et à la valorisation des produits locaux à travers les actions d’éducation des consommateurs (…) »

Dans son programme présidentiel, le candidat Tahirou Barry du Mouvement pour le Changement et la Renaissance (MCR) s’engage à « la création et la consolidation des centres agro-pastorale et agroalimentaires dans chaque région en fonction des potentialités régionales : maraîchage, pisciculture, volaille, bétail, etc ». Ce candidat entend « accompagner et faciliter la création, l’équipement et la modernisation des unités de transformation des produits agricoles ». Gilbert Naamdouda OUEDRAOGO de l’Alliance pour la Démocratie et la Fédération – Rassemblement Démocratique Africain (ADF-RDA) ADF-RDA va également dans le même sens en avançant l’idée d’accompagner « la création d’une unité moderne de transformation des matières premières locales dans chacune des 45 provinces ».

Yacouba Isaac Zida du Mouvement pour Patriotique pour le Salut (MPS) énonce dans ses « 150 engagement pour un Burkina meilleur », l’idée de « rendre disponible des financements et des subventions au profit des petites et moyennes industries qui travaillent dans la transformation des produits locaux ». Sur la question, Yeli Kam avec sa formation politique le Mouvement pour la Renaissance du Burkina (MRB) indique dans son projet de société ceci : « nous ferons la production et la transformation locale, pour créer davantage de richesse ». La seule femme candidate à l’élection présidentielle de 2020 au Burkina Faso promet de « mettre en place des pôles intégrés de production et de transformation des produits agricoles ».

Pour l’Organisation des Peuples Africains-Burkina Faso (OPA-BF), avec Ambroise Farama comme candidat à la présidentielle, la souveraineté économique commence par le slogan : « Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons ». Dans le programme politique de ce parti politique dit révolutionnaire, on peut lire l’explication suivante : « En matière d’alimentation, le principe de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons, au-delà de l’aspect identitaire, sera un accélérateur du mouvement d’industrialisation à partir du secteur agricole ». Claude Aimé TASSEMBEDO, le candidat indépendant à la présidentielle s’inscrit dans le même registre en promettant de mettre en œuvre la formule « produisons burkinabé et consommons burkinabé ».

Ablassé Ouédraogo du parti Le Faso Autrement dans son programme « Les trois B » (Ensemble, les Burkinabè Bâtissent le Burkina Faso) indique : « c’est dans ce climat de paix et de confiance que nous nous emploierons à promouvoir la croissance par la valorisation du capital humain, la valorisation de la production locale ». Quant à VISION BURKINA de Do Pascal Kiemdoro SESSOUMA, le partie qui a décidé de faire de la paix la pierre angulaire de son programme de gouvernement, ce parti ne laisse pas transparaitre son intérêt pour la question de l’agroalimentaire local et la promotion du « consommer local » dans son « discours programme ».

La valorisation des produits du terroir constitue un aspect important du développement d’un pays. Il convient donc, pour le quinquennat à venir,  de donner plus d’ampleur à la dynamique déjà en cours dans notre pays en matière de promotion du « Consommer local ». Les promesses des candidats sur les questions urgentes et prioritaires comme la santé, l’accès à l’eau potable, l’éducation, la sécurité, … guideront certainement le vote des électeurs le 22 Novembre prochain. Mais ils ont aussi intérêt à être bien avisés dans leur choix, pour élire comme président du Faso, la personne ayant la meilleure offre politique de développement de l’agroalimentaire local.

Alain YAMEOGO, Patrice DA

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